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Votre argent placé sur un Livret A va-t-il servir à financer les futurs réacteurs nucléaires français ? Indirectement, oui. Le projet de budget 2027 prévoit de mobiliser une partie des fonds d’épargne réglementée centralisés par la Caisse des dépôts pour participer au financement des six EPR2 d’EDF, rapporte Le Revenu. Jusqu’à 60 milliards d’euros pourraient ainsi être prêtés au projet. Le principe a été acté en mars dernier par le Conseil de politique nucléaire : le fonds d’épargne de la Caisse des dépôts pourra financer jusqu’à 60% du programme EPR2, dans la limite de 60 milliards d’euros. Le prêt bénéficiera également de la garantie de l’Etat.
Pas question pour autant de transférer directement l’argent de votre Livret A vers les comptes d’EDF. Une partie des sommes déposées sur les Livrets A est centralisée à la Caisse des dépôts, qui les regroupe au sein d’un fonds destiné à financer des investissements de long terme. Historiquement consacré notamment au logement social, ce fonds pourra désormais contribuer au renouvellement du parc nucléaire.
Rien ne change pour votre Livret A
Le dispositif prévoit un taux d’intérêt nul pendant la construction des réacteurs. Une fois les EPR2 en service, le taux passerait à 3%. La différence ne sera pas supportée par les épargnants : elle sera prise en charge par l’Etat afin de préserver l’équilibre financier du fonds d’épargne. Le coût de ce mécanisme pourrait toutefois être important. Selon les estimations gouvernementales, les intérêts représenteraient 53,6 milliards d’euros dans le scénario central et pourraient atteindre 89 milliards d’euros dans une hypothèse défavorable. Dès 2027, le budget prévoit 137 millions d’euros pour commencer à couvrir ces charges financières.
Pour les épargnants, le fonctionnement du Livret A reste inchangé. L’argent placé reste disponible à tout moment et le capital est garanti par l’Etat. Son taux est fixé à 1,7% depuis le 1er août 2026. En revanche, une partie de l’épargne centralisée pourra désormais contribuer au financement des six EPR2 prévus à Penly, Gravelines et Bugey. Le coût prévisionnel du programme est estimé à 72,8 milliards d’euros et les premiers réacteurs doivent entrer en service à partir de 2038.
