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Alors que le gouvernement est en quête d’économies dans le cadre de la préparation du budget 2027, la question de la rémunération des responsables publics revient dans le débat. Le Premier ministre Sébastien Lecornu envisage une baisse de 10% des indemnités des ministres. Une mesure jugée largement insuffisante par Agnès Verdier-Molinié. Invitée ce jeudi 17 septembre sur CNews, la directrice de l’Ifrap a défendu une proposition beaucoup plus radicale : diviser par deux les indemnités des ministres, mais aussi celles des députés et des hauts fonctionnaires, jusqu’au retour à l’équilibre des comptes publics.
Pour Agnès Verdier-Molinié, la baisse envisagée par le gouvernement aurait avant tout une portée symbolique. «10% sur 35 membres du gouvernement, ça fait une économie de 456 000 euros sur un an. Et on a plus de 150 milliards de déficit par an, donc c’est ridicule», estime-t-elle. Face à l’ampleur du déficit public, la directrice de l’Ifrap considère que des mesures plus importantes sont nécessaires. Elle propose ainsi de «diviser par deux les salaires des ministres, des députés, des hauts fonctionnaires jusqu’au retour à l’équilibre des comptes publics primaires», c’est-à-dire avant la prise en compte de la charge de la dette.
Une «prime de résultat» pour les responsables publics
Son idée ne consisterait toutefois pas à supprimer définitivement la moitié de leurs indemnités. Cette somme serait mise «sous séquestre» et conservée jusqu’au retour à l’équilibre des comptes publics. Agnès Verdier-Molinié présente ce mécanisme comme un moyen d’inciter les responsables publics à agir directement sur les dépenses. «L’idée, c’est d’intéresser les responsables publics au résultat», explique-t-elle, évoquant «en quelque sorte une prime de résultat».
«Ma conviction, c’est que si jamais on mettait en place ce système, il y aurait beaucoup plus d’idées pour baisser les dépenses et on reviendrait beaucoup plus vite à l’équilibre des comptes hors charge de la dette», affirme-t-elle. Agnès Verdier-Molinié fait notamment référence à la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, instaurée en 2025 et reconduite en 2026, dont le maintien est lié à l’évolution du déficit public. «Pourquoi on applique aux contribuables une obligation de résultat sur le déficit à 3% et pourquoi on n’appliquerait pas une obligation de résultat à nos responsables publics ?», interroge-t-elle
Elle défend ainsi l’idée d’un mécanisme qui conditionnerait une partie de la rémunération des responsables publics à l’amélioration des comptes. «Taxer les responsables publics jusqu’à ce qu’ils fassent leur travail», résume-t-elle.
