- 0
- 490 words
Le Rassemblement national a dévoilé dans la semaine son contre-budget pour répondre à celui présenté quelques jours plus tôt par le gouvernement : 140 milliards d’euros d’économies, un «choc» budgétaire et des milliards d’investissements. Au total, 71 propositions, dont la suppression de plus de 120 taxes jugées inutiles ou trop complexes. Mais au milieu de ces mesures s’est glissée l’une d’elles qui inquiète les patrons, a repéré Public Sénat. Elle entre dans le cadre du principe de «préférence nationale» que le RN veut inscrire dans la Constitution.
Qu’est-il prévu précisément ? Tout simplement d’instaurer une nouvelle taxe cette fois-ci, plus précisément une «taxe de 1 000 euros par an à l’embauche d’un extra-européen». Pourquoi inquiétant ? Parce que, dans certaines branches, l’emploi de main-d’œuvre étrangère se révèle primordial, ce que laissent entendre Les Entrepreneurs (ex-COPME). «Cette proposition gagnerait surtout à être confrontée à la réalité du terrain», souligne son président Amir Reza-Tofighi auprès de Public Sénat.
ne taxe existe déjà
Le chef d’entreprise cite la «PME industrielle qui cherche les compétences dont elle a besoin pour produire», le «vigneron qui a besoin d’ouvriers pour les vendanges» ou encore l’entreprise «de haute technologie qui doit pouvoir attirer les meilleurs chercheurs en intelligence artificielle pour rester compétitive face aux géants internationaux». Une mesure contre-productive, et même contradictoire, émanant du RN, puisqu’il s’est engagé ces dernières années à réduire le coût du travail. Or, pour les chefs d’entreprise, cela l’alourdirait, au contraire.
Si le discours est peu audible également pour le Syndicat des indépendants et des TPE (SDI), c’est que des mesures encadrent déjà l’emploi d’un salarié étranger : offre publiée en amont et non pourvue, métier en tension et même taxe déjà existante, quand il s’agit d’un contrat de plus d’un an. Cette dernière «représente 55 % d’un mois de salaire brut dans la limite du plafond réglementaire», rappelle le syndicat. Au-delà de son caractère «discriminatoire», une telle taxe poserait des problèmes, avance auprès de nos confrères la directrice du Centre d’études de l’emploi et du travail, Christine Erhel.
Pour elle, «la main-d’œuvre étrangère est essentielle au fonctionnement du marché du travail». De son côté, le secrétaire général du SDI se demande «comment une taxe supplémentaire annuelle de 1 000 euros fera apparaître un cuisinier ou un maçon». Il plaide davantage pour favoriser la formation et l’apprentissage et ainsi «renforcer l’attractivité des métiers en tension». Si un amendement déposé par le RN dans le cadre du PLF 2027 a été rejeté, la mesure figure toujours au programme budgétaire du RN.
