Le poids de la dette pèse sur les finances publiques, alors que la France doit se doter d’un budget pour l’année 2027. Le gouvernement Lecornu a la charge de trouver des économies çà et là. A droite, on propose de travailler plus. A gauche, Jean-Luc Mélenchon propose de «brûler» la dette. «Mais où est passé l’argent ?», s’interroge Ségolène Royal sur le plateau de BFMTV jeudi 10 septembre. «1 500 milliards de dette supplémentaire et pourtant tout se dégrade. Il y a un paradoxe. Un gouvernement responsable s’expliquerait.»
«Qu’est-ce qu’ils ont fait avec ces 1 500 milliards alors que la santé dégringole, l’école dégringole, les faillites se succèdent, les impôts augmentent», poursuit la candidate à la primaire socialiste en vue de la présidentielle. La proposition du leader insoumis est-elle alors infamante ? La dette française «n’est détenue qu’à hauteur de 18% par la Banque centrale européenne (BCE). Elle a déjà fait ce geste pendant le Covid : ça ne s’appelle pas «brûler la dette» mais la «dette perpétuelle», c’est-à-dire une dette que l’on reconduit», répond l’intéressée.
Ségolène Royal plaide pour «les dettes perpétuelles contre le dérèglement climatique»
Mais une grande partie de cette dette est détenue par d’autres pays – «environ 60%», rappelle Ségolène Royal. «Donc si on apparaît comme déficient par rapport au remboursement de la dette, c’est dangereux pour la monnaie», nuance-t-elle. Celle qui avait atteint le second tour de la présidentielle en 2007 propose plutôt «qu’il y ait en effet des dettes perpétuelles, mais par exemple contre le dérèglement climatique».
Avant de poursuivre : «Ça, c’est une bonne dépense. C’est une dépense à long terme et qui rapporte. Les pays qui investissent massivement contre le réchauffement climatique pourraient bénéficier du renouvellement de la dette. C’est créatif d’activités et d’emplois».
