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L’armée russe a souvent affublé ses armes de noms de plantes. Initialement, la série des Géranium (« Geran » en russe) était la copie conforme des drones Shahed fournis par l’Iran. Le Geran-2, utilisé massivement, d’une portée de 2 000 kilomètres et évoluant à 300 km/h, était intercepté à plus de 90%.
L’armée russe a ensuite doté le Geran-4 d’un turbopropulseur, lequel doublait sa vitesse ; sa trajectoire restait toutefois prévisible.
Depuis cet été, est apparu le Geran-5. Et celui-là donne du fil à retordre aux Ukrainiens. Ils n’ont pas trouvé la parade, souligne Vincent Tourret, chercheur à l’Institut français des relations internationales (Ifri) : « Le Geran-5 bénéficie de la turbopropulsion, donc il va déjà très vite à haute altitude. Et la difficulté supplémentaire, c’est que lui, pour le coup, est piloté. Ce n’est même plus vraiment un drone. On en arrive à un missile de croisière qui, en plus, devient vraiment précis. Il est beaucoup plus agile. On le voit avec les frappes sur les ponts de Kiev, on le voit avec les frappes sur les stations-service… C’est un problème qui va s’accentuer. »
Chaque mois, plusieurs milliers de Geran, toutes séries confondues, sortent des usines d’armement russes. Face à une production exponentielle, seules les roquettes à guidage laser pourraient offrir un pare-feu efficace. Mais les forces ukrainiennes ne disposent pas encore massivement de cet armement produit en Europe.
